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Test terrain – TAMRON SP 90 mm f/2.8 Macro Di VC USD

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Le TAMRON SP 90 mm f/2.8 Macro Di VC USD est un des cadors de chez Tamron. Objectif très apprécié en macro/proxi-photographie, sa réputation n’est plus à faire. Je vous propose un petit tour de la « bête », agrémenté de quelques photos…

 

 

Le point technique

Le TAMRON SP 90 mm f/2.8 Macro Di VC USD (F004) est sorti en 2013. C’est un objectif résolument tourné vers la macro photographie avec un rapport de 1:1. Il est compatible plein format et APS-C (monture EF chez Canon, Nikon F et Sony A). Comme bien souvent chez les marques tiers, il est livré avec un pare-soleil.

La formule optique comporte 14 lentilles en 11 groupes avec un diaphragme à 9 lamelles pour un bokeh de haut vol. Son ouverture maximale de f/2.8 lui permet de détacher le sujet de son arrière-plan. Le diamètre de filtre est de 55mm.

 

Ergonomie, tarif et garantie

C’est un objectif bien équilibré et relativement léger puisqu’il affiche environ 550gr sur la balance pour 12cm de long (objectif à encombrement constant). Il est construit en polymère d’excellente qualité.

Sur le côté du fût vous trouvez 3 boutons, facilement accessibles, ils sont suffisants fermes pour qu’on ne les bouge pas par inadvertance :

  • le premier pour la sélection de mise au point (AF – MF),
  • le second qui servira de sélecteur de distance de MaP (0.3-0.5m, 0.5m-Infini et 0.3m-Infini)
  • et le dernier pour activer/désactiver la stabilisation.

La bague de mise au point est douce et relativement large, de quoi faciliter le travail de MaP lors des mises au point manuelles. En parlant de MaP, la distance minimale de celle-ci est de 30cm.

L’objectif monté sur APS-C Canon donnera un équivalent de focale d’environ 145mm. De quoi réaliser des photos d’insectes sans avoir à s’approcher au risque de les faire fuir.

Disponible pour un tarif au alentour de 500€, c’est un des objectifs macro parmi les moins chers du marché comparativement aux modèles macro des autres marques comme Canon, Nikon, Sony ou Sigma qui approchent généralement le double de ce prix.
Pour finir, on précisera que les modèles Tamron possèdent une garantie de 5 ans. Pour cela l’objectif doit être impérativement enregistrer dans les 2 mois suivant l’achat sur le site de Tamron.

Nouvelle version 2016

Notez qu’une version plus récente de cet objectif est sorti en 2016 (référence F017) basé sur le nouveau design appelé Human Touch avec une amélioration de la stabilisation optique et de l’autofocus USD. Elle intègre aussi un nouveau traitement de surface pour la lentille avant, le support de la console Tap-In Tamron et des joints d’étanchéité ont été rajoutés pour parfaire la tropicalisation. Mais nous évoquerons dans cet article uniquement la version F004.

 

Tamron SP 90mm f/2.8 à f/5, 1/50s, ISO 200

Dans le vif du sujet…

Comme bien souvent avec les objectifs macro digne de ce nom, le piqué est excellent dès la pleine ouverture. Il va rester très bon jusqu’à f/11, où les bords seront pratiquement aussi qualitatif que le centre. Passé ce seuil, la diffraction fera perdre en piqué jusqu’à l’ouverture maximale de f/32.

Lysandra bellargus
Polyommatus icarus – Tamron SP 90mm f/2.8 à f/3,2, 1/400s, ISO 800

La stabilisation optique (désigné sous l’abréviation VC pour Vibration Compensation) est des plus efficaces puisqu’elle permet de réaliser des photos à main levée à des vitesses assez basses autour des 1/60s – 1/50s.

Le moteur AF USD (pour Ultrasonic Silent Drive) à ultrasons est annoncé ultrasilencieux. S’il n’est effectivement pas très bruyant, j’ai cependant eu entre les mains des objectifs qui étaient plus silencieux.
Il est à noter que l’autofocus patine pas mal. Comme on travail sur des profondeurs de champs relativement petites, l’AF a parfois du mal à accrocher sa cible. Celui-ci n’est d’ailleurs pas des plus rapides et aura souvent tendance à faire un aller-retour vers l’infini avant de faire sa mise au point. On pourra jouer sur la longueur de course via le sélecteur de plages de mise au point pour limiter celle-ci. Cela étant dit, on utilisera très peu, voire jamais, l’autofocus auto. Ce n’est donc pas un gros problème. Je ne sais pas comment se comporte la nouvelle version du moteur sur le modèle F017.

Ischnura elegans (immature) – Tamron SP 90mm f/2.8 à f/3,2, 1/100s, ISO 400

 

Vignettage, distorsions et autres joyeusetés…

Le vignettage est présent au grande ouverture (jusqu’à f/5,6) mais relativement léger. Il devient négligeable dans les ouvertures suivantes. On corrigera facilement ce détail lors du post traitement car son profil est disponible sous Lightroom/Photoshop (et sous d’autres logiciels de retouche).

Par ailleurs, les distorsions sont très bien gérées et difficilement visibles. La lentille LD (Low Dispersion) assure dans l’ensemble une très bonne correction des aberrations chromatiques, mais néanmoins celles-ci pourront néanmoins apparaître sous certaines conditions de prises de vues.

Enfin, le point crucial pour un objectif macro digne de ce nom : le bokeh. Il est très bien géré et c’est bien tout ce qu’on demande à un tel objectif : il est bien équilibré, et véritablement doux et agréable à l’œil. Le passage de la zone nette aux zones floues est certes marquée mais reste relativement harmonieux.

Anemone nemorosa – Tamron SP 90mm f/2.8 à f/3,2, 1/60s, ISO 200

S’il excelle en macro-proxi photo, domaine où je m’en sers le plus, il est aussi très bon en portrait grâce à la faible profondeur de champs à pleine ouverture et son superbe bokeh.
Mais ce n’est pas tout, il s’avérera également très utile pour capturer les détails dans un paysage. Allié à son ouverture maximale de f2.8 il permettra d’être créatif ou de capturer en faible luminosité.

 

En résumé

Le Tamron SP 90mm Di VC USD qui, s’il n’est pas exempt de petits défauts, est un remarquable objectif pour qui voudra se pencher sur le monde fantastique de la macro/proxi-photographie. Pour un usage sur boitier plein format, on pourra cependant regretter le manque de longueur focale, particulièrement si l’on fait beaucoup de macro. En effet, cela nécessitera de s’approcher réellement très près des insectes au risque de les voir partir. Pour un capteur APS-C, le Tamron reste une excellente option car il permettra de bénéficier d’un objectif macro avec une focale de 140mm au rapport 1:1 à un tarif honnête. En ce qui concerne la proxi-photo, aussi bien en 24×36 que sur APS-C, c’est indéniablement un remarquable objectif qui permettra de capturer les animaux ou la flore tout en profitant d’un bokeh très bien maîtrisé, à la fois doux et agréable.
Quoi qu’il en soit, on tient là un must-have sur ce segment de macro/proxi photo.

Les +/-

+ Qualité optique : excellent dès la pleine ouverture
+ Bonne qualité de fabrication
+ Objectif tropicalisé
+ La distorsion et les aberrations chromatiques bien maîtrisées
+ Son tarif
+ Garantie de 5 ans

– Un peu de vignettage aux grandes ouvertures
– L’autofocus lent et qui pourra avoir tendance à patiner pour trouver sa cible
– Focale qui peut être un peu courte notamment sur plein format

 

Tamron SP 90mm f/2.8 à f/2,8, 1/160s, ISO 100