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Hibou Moyen-duc – Asio Otus

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Le Hibou Moyen-duc (Asio Otus) est un oiseau de la famille des Strigidés qui peuple l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. Il fréquente de préférence les lisières de forêts, mais il n’est pas rare de le rencontrer dans les tourbières, bosquets, vergers ou clairières. Il chasse principalement la nuit dans les zones ouvertes (champs, marais, prairies).

Ses yeux orangés sont situés au centre d’un masque facial arrondi tirant sur le marron-beige où les sourcils et les lores sont blancs. Le plumage est brun-chamois tacheté de noir et de blanc. Mais la partie ventrale est plus claire avec des stries verticales brunes tirant sur le noir. Les adultes sont semblables bien que le plumage de la femelle soit plus foncé, et que sa taille soit plus grande que celle du mâle. La queue est longue, de même que les ailes, lesquelles se croisent dans le dos lorsque l’oiseau est posé.

Un adulte de chaque côté du tronc

 

Une histoire de Hiboux…

Après un repérage sur un coup de chance (c’est souvent comme ça en photo nature, il faut provoquer la chance !), j’ai eu le bonheur de suivre pendant presque 3 mois un couple de Hiboux Moyen-Duc.

La nidification

Le couple choisit de s’installer pour pondre dans un vieux nid de pies situé à plus d’une vingtaine de mètres dans un bouleau. Comme à son habitude, l’espèce occupe généralement un vieux nid abandonné, le plus souvent un nid de pies, de corneilles ou de corbeaux, voire d’écureuils. Le premier mois, le couple passe le plus clair de son temps (du moins en journée) perché sur les bouleaux avoisinants, avant que la femelle n’aille s’installer dans un de ces mêmes arbres pour pondre. Pendant toute la durée de ponte et de couvée, le couple est particulièrement discret pour ne pas dire invisible. De fait, durant ce mois, je n’ai eu que très peu l’occasion de pouvoir les observer.

Il faut dire que le plumage du hibou moyen-duc lui offre un excellent camouflage lorsqu’il se trouve sur les branches, souvent à proximité immédiate du tronc. Le feuillage épais des arbres de la fin de printemps et du début de l’été, et la nature du terrain en pente orienté Est/Ouest (et donc peu exposé à la lumière en fin de journée), rendent son observation souvent difficile. A noter que lorsqu’un danger le guette, il a cette capacité à s’allonger pour améliorer son mimétisme et passer encore plus inaperçu.

La naissance et les premières semaines

Après environ un mois d’incubation (27 à 28 jours), le couple donne naissance à quatre oisillons. Il est à noter que les jeunes quittent le nid au bout de trois semaines après leur naissance. Durant la phase de ponte, c’est le mâle qui est chargé de nourrir la femelle en réalisant des allers-retours incessants toutes les nuits. Après l’éclosion, il continue à nourrir toute la famille en rapportant ses proies à la femelle qui se charge ensuite de les redistribuer aux jeunes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si l’espèce est active pendant la période nuptiale en utilisant une grande variété de sons, le reste de l’année les Moyen-ducs sont relativement silencieux. Les jeunes commencent à se faire entendre en poussant des petits cris stridents très particuliers pour communiquer entre eux ou avec leurs parents. Ces cris rappellent le grincement d’une vieille balançoire.

A noter que l’observation du moyen-duc n’est pas vraiment facile puisqu’il s’agit d’un rapace très discret en journée, et tout particulièrement l’adulte. À la tombée de la nuit, on sent gagner un regain d’activité.

 

Et les jeunes sont apparus…

 

 

Juvénile au sol
En pleine escalade

Tout début juin, les jeunes quittent le nid et se dispersent dans la végétation toute proche. Les premiers jours les vols sont difficiles, les longues plumes leur servant à voler n’étant pas encore totalement développées. Dans ces conditions, les jeunes n’hésitent pas à se déplacer au sol pour atteindre des branches basses, branches qui leur permettront ensuite d’escalader les arbres.

Dans les bras de Morphée

Malheureusement, leur duvet n’est pas idéal pour voler et encore moins pour se camoufler des prédateurs. C’est pourquoi ils passent leur journée en hauteur, camouflés par le feuillage des arbres. Cependant, les jeunes hiboux gardent le contact entre eux et avec leurs parents en émettant régulièrement leurs cris si particuliers.

À la nuit tombée, les jeunes continuent à communiquer pour indiquer leurs positions aux adultes qui leur apportent la nourriture.

 

 

 

 

… avant de s’évanouir dans la nature.

Cache-cache

Si dans un premier temps les jeunes restent dans les arbres alentours, à proximité du nid, au fil des semaines et de leur développement, ils acquièrent de l’assurance. Au bout de trois semaines, ils sont capables de voler sur de petites distances. Ils s’éloignent donc du nid et deviennent plus difficiles à repérer pour le photographe ; capables de voler, ils grimpent plus haut dans les arbres et se font d’autant plus silencieux en journée, ne se laissant entendre qu’une fois la nuit vraiment tombée, souvent à des heures tardives. À ces heures avancées de la nuit, pour nous humains, les oreilles prennent alors le pas sur la vue…

Un mois et deux semaines après leur « premier vol » en dehors du nid, ils se trouvent à plus de 200 m de celui-ci. Les jeunes prenant leur distance progressivement les uns des autres. Puis, début juillet, ils disparaissent définitivement dans les bois environnants…

Le Moyen Duc est facilement reconnaissable avec ses deux grandes aigrettes (pour l’anecdote, il est dit que si celles-ci sont couchées le hibou est serein), il est dit que si celles-ci sont couchées le hibou est serein. D’ailleurs chez les anglophones son nom est Long-eared Owl (littéralement Hibou à longues oreilles), on comprend aisément pourquoi ! Long d’une trentaine de centimètres avec une envergure de ~90cm, le hibou pèse de 250gr jusqu’à 400gr. Le mâle étant plus léger.

 

La bonne pratique

Bien sûr, il faudra veiller à être des plus discrets et à toujours conserver une bonne distance pour ne pas déranger les adultes et ne pas avoir d’impact sur les jeunes. Mais contrairement à leurs pendants diurnes, je les ai trouvés plus faciles d’accès et plus sereins face à la présence humaine. Car même avec un bon camouflage et en prenant toutes les précautions du monde, il ne faut pas se bercer d’illusions, ils savent pertinemment que l’on est dans les parages ! C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles j’espace mes sorties afin de leur offrir une certaine tranquillité. La rotation à presque 270 degrés de sa tête, son excellente ouïe et ses grands yeux perçants (de la taille de ceux des humains) offrent au hibou moyen-duc une incroyable vision de nuit comme de jour et font de lui un fabuleux prédateur et un joyau de la nature…

 

C’est l’heure des étirements !

 

 

Comportement, alimentation & menaces

1. Comportement

Le Hibou Moyen-Duc est monogame, les couples se forment durant l’hiver. C’est également à cette période que les hiboux se regroupent en dortoirs atteignant parfois plusieurs dizaines d’individus. On le trouve l’espèce jusqu’à 2700m d’altitude. D’après l’IUCN, la longévité moyenne d’un Moyen Duc est estimée à 7,2 ans. Il est présent sur la quasi-totalité de l’hémisphère Nord (sauf le Grand Nord), en tant que sédentaire ou migrateur. Son vol lent lui permet de voler sans problème dans des zones à la végétation dense.

Pour l’anecdote, le record du plus vieux Hibou Moyen Duc enregistré est de… 27 ans et 9 mois !

Un Gardien silencieux

2. Population du Jura

Dans les années 1990 (Joveniaux 1993), on estimait leur population dans le Jura entre 600 et 1500 couples. Or, on constate que l’espèce montre globalement une tendance à la stabilisation sur l’ensemble du territoire et plus largement sur la surface du globe. On peut donc supposer que la population dans le département demeure relativement stable et que la population est peu ou prou celle des années 90 malgré l’impact de l’Homme.
A noter que si dans le Haut-Jura l’espèce est partiellement migratrice (au moins durant les années de faible nourriture), en descendant vers les plaines les individus se sédentarisent. En conséquence on doit pouvoir observer le Hibou Moyen-Duc dans le Jura pratiquement tout au long de l’année.

3. Régime alimentaire

Son régime alimentaire se constitue essentiellement de micro-mammifères et notamment de campagnol des champs. De fait, l’espèce est exposée aux empoisonnements secondaires liés à l’utilisation de pesticides (particulièrement de rodenticide). Cependant le Hibou Moyen-Duc ne dédaigne pas non plus se nourrir à l’occasion de petits oiseaux (passereaux) ou d’insectes.

Adulte et son jeune côte à côte

4. Menaces

Outre les pesticides, les principales menaces sont : l’urbanisation et la modification des espaces naturels, les transports (routiers ou ferroviaires) entrainant des collisions, le réseau électrique, la compétition avec d’autres espèces (pour l’espace, la nourriture ou les sites de nidification), les effluents agricoles et forestiers, les maladies ou encore l’intensification agricole et le manque de diversité des cultures.

 

Enfin, il est à signaler que Hibou Moyen-Duc bénéficie d’une protection totale sur le territoire français (selon l’arrêté ministériel du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection). Notons que l’espèce est placée sur la liste Least Concern de l’IUCN.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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